Impact social : la Fondation CDG distingue trois associations d’excellence
La Fondation CDG a organisé, jeudi à Rabat, la cérémonie de remise du Prix CDG – Impact Social, couronnant trois associations lauréates parmi 15 accompagnées dans le cadre d’un bootcamp dédié au pilotage par l’impact et au renforcement de la culture de la mesure d’impact.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités du tiers secteur marocain en matière d’évaluation et de mesure d’impact social, un axe stratégique de la Fondation visant à valoriser le rôle clé des associations dans la création de valeurs sociales et économiques.
Tenue en présence de hauts responsables et partenaires de l’écosystème associatif, la cérémonie a été marquée par la remise des certificats “Évaluation et mesure d’Impact social” aux 15 associations bénéficiaires du programme, ainsi que par l’annonce des trois lauréats, à savoir “la Fondation SANADY”, “AIDECA” et “l’Amicale Marocaine des Handicapés (AMH)”. Six associations ont accédé à la finale de cette première édition qui a enregistré la candidature de 84 organisations.
“Piloter son impact social, c’est s’assurer que nos actions apportent un réel changement dans un horizon long terme”, a souligné, à cette occasion, la directrice générale de la Fondation CDG, Wafaa Naim El Idrissi.
Ce dispositif, a-t-elle fait savoir, vise à mener un travail de fond collectif pour valoriser le tiers secteur, à mettre en lumière son rôle clé, à promouvoir les bonnes pratiques et à renforcer la culture de l’impact social.
Mme El Idrissi a rappelé que la Fondation CDG place la finalité d’impact social au cœur de son action, intervenant à différentes étapes du développement des associations à travers les dispositifs Start (émergence), Boost (élan) et Scale (développement).
Elle a également annoncé le déploiement du campus de formation dans d’autres régions, avec une première étape prévue à Ouarzazate, ainsi que le lancement imminent de la première cohorte du parcours certifiant en gouvernance des organisations de l’économie sociale et solidaire, en partenariat avec l’Université Internationale de Rabat (UIR) et l’Institut marocain des administrateurs.
De son côté, le wali, coordinateur national de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), Mohammed Dardouri, a mis en exergue l’importance de l’évaluation d’impact dans les politiques publiques, relevant que l’INDH a intégré depuis 2018, lors du lancement de sa troisième phase, un pôle dédié au suivi, à l’évaluation et à la mesure d’impact.
Cette approche permet de “faire atterrir les politiques publiques là où elles doivent atterrir, autrement dit, faire rencontrer l’offre et la demande”, a-t-il expliqué, citant l’exemple du programme de santé communautaire, déployé dans trois grandes régions pour améliorer la santé mère-enfant.
“Nous avons travaillé sur le changement de comportement, notamment en matière d’allaitement maternel, passant de 35% à 45% des femmes qui allaitent naturellement”, a dit M. Dardouri.
Il a également souligné les résultats encourageants en termes de réduction de la mortalité maternelle et infantile, avec “pratiquement zéro décès” enregistrés dans plusieurs zones d’intervention, témoignant de l’impact concret des théories de changement mises en œuvre depuis 2019.
Cette cérémonie a été marquée également par la tenue d’un panel sur le thème “Piloter par l’impact : Méthodes & pratiques, Enjeux & défis”, animé par Murielle Chauvel, directrice d’ESSEC Impact Unlimited, Manal El Abboubi, professeure à l’Université Mohamed V et coordinatrice de la chaire Innovations sociales de HEM Research Center, et Imane Fahli, conseillère senior en politiques publiques au Tony Blair Institute for Global Change.
Les trois expertes ont partagé leurs expériences en matière de mesure et de pilotage de l’impact social. Elles ont aussi discuté des méthodologies d’évaluation d’impact adaptées au contexte marocain, des défis liés à la collecte de données et à l’attribution des résultats, ainsi que des bonnes pratiques internationales pouvant inspirer le développement du secteur associatif national.
Les intervenantes ont mis l’accent sur l’importance d’une approche structurée et rigoureuse pour démontrer la valeur ajoutée des interventions sociales et renforcer la crédibilité des associations auprès de leurs parties prenantes.
L’événement témoigne de l’engagement collectif en faveur de la structuration et de la professionnalisation du secteur associatif marocain, notamment à travers le renforcement de la culture de l’impact et l’adoption d’outils de mesure rigoureux adaptés au contexte national.
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