Assurances : un levier de résilience face aux défis économiques et climatiques (Fettah)

Assurances : un levier de résilience face aux défis économiques et climatiques (Fettah)

Le secteur des assurances constitue un véritable mécanisme de résilience face aux mutations économiques et climatiques complexes, a affirmé, jeudi à Rabat, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah.

S’exprimant lors de la conférence de célébration du 10ème anniversaire de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS), placée sous le thème “10 ans au service de la stabilité et de la protection : mobiliser les écosystèmes pour demain”, Mme Fettah a souligné que l’enjeu est de transformer profondément le rôle de l’assurance dans notre économie et notre société.

Pour accompagner cette mutation, a-t-elle ajouté, la création de l’ACAPS a consacré un choix structurant qui a permis, dès 2016 avec l’entrée en vigueur de la loi 64-12, “de doter le secteur d’une autorité indépendante et alignée sur les standards internationaux, bâtissant ainsi un véritable socle de confiance et une supervision crédible”.

Toutefois, Mme Fettah a relevé que malgré une croissance remarquable ayant vu la taille du marché doubler en une décennie, le secteur reste en deçà de son plein potentiel.

“Le taux de pénétration demeurant limité, les marges de progression en matière d’inclusion financière sont importantes pour répondre aux attentes évolutives des citoyens”, a-t-elle indiqué.

Dans ce contexte d’interconnexion et de complexité croissante des risques, réguler ne signifie plus seulement encadrer, mais surtout anticiper, a insisté Mme Fettah, notant que la supervision doit ainsi évoluer en s’appuyant davantage sur la data, l’approche par les risques et l’accompagnement de l’innovation utile, notamment via les “Insurtechs”, pour améliorer concrètement la protection des assurés.

La ministre a également inscrit ces impératifs dans le cadre du chantier Royal de généralisation de la protection sociale.

Avec l’élargissement de l’accès d’une large frange de la population nationale à des droits essentiels, la priorité actuelle consiste à garantir la qualité, la continuité et la soutenabilité financière des dispositifs, en intégrant la réforme des retraites, appelée à être conduite avec clairvoyance et dans un esprit de concertation, a-t-elle estimé.

Pour sa part, Hassan Boubrik, premier président de l’ACAPS et actuel Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), a rappelé que la transformation de l’ex-Direction des Assurances et de la Prévoyance Sociale (DAPS) au sein du ministère de l’Économie et des Finances en une autorité indépendante relevait d’une profonde mutation culturelle.

“Il s’agissait de passer d’une administration classique à une entité de régulation dotée d’autonomie, de responsabilité et d’une gouvernance accrue”, a-t-il dit.

Et de préciser que durant la période 2016-2021, les fondations de l’ACAPS ont été consolidées autour de deux piliers fondamentaux : le renforcement de la solidité prudentielle des opérateurs face aux nouveaux risques et la protection rigoureuse des assurés, initiant la convergence progressive vers les standards internationaux et veiller à l’équité des pratiques sur le marché.

Sur le volet international, M. Boubrik a mis en avant l’intégration réussie de l’ACAPS dans le paysage mondial de la régulation, notamment par son rôle actif au sein de l’Association Internationale des Contrôleurs d’Assurance (IAIS), ajoutant que cette présence a permis de porter la voix des pays émergents tout en accompagnant, sur le plan national, les grandes réformes sociétales du Royaume en matière de couverture médicale et de retraite.

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