PPS : le pari d’un État social renforcé, de l’hôpital public à l’université

PPS : le pari d’un État social renforcé, de l’hôpital public à l’université

Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a choisi de placer l’investissement dans le capital humain au cœur de son programme électoral, baptisé « Programme du gouvernement » et porté par le slogan « Nzaâmo kamline ». Le parti avance une série d’engagements chiffrés dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, avec l’ambition affichée de renforcer l’État social et de réhabiliter les services publics.

Dans le secteur de la santé, le PPS entend relever sensiblement le niveau de ses ambitions en visant une réduction de la mortalité maternelle, de 48 à 24 décès pour 100 000 naissances vivantes. Il prévoit également de ramener la mortalité néonatale de 10 à 5 décès pour 1 000 naissances, ainsi que la mortalité des enfants de moins de cinq ans de 17 à moins de 10 décès pour 1 000 naissances vivantes.

Cette orientation repose notamment sur le choix affirmé de l’hôpital public comme priorité. Le parti considère que l’amélioration de la qualité des soins et la réduction des disparités territoriales passent par un renforcement de l’investissement public, des infrastructures et des ressources humaines. Il propose également d’interdire le tabac dans les lieux publics, dans une logique de prévention et de protection de la santé publique.

Autre engagement majeur : la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire de base (AMO) à l’horizon de fin 2028, afin d’intégrer quelque 8,5 millions de Marocains encore en dehors du dispositif de couverture. Le PPS promet parallèlement de ramener la part des dépenses de santé directement supportées par les ménages à un plafond de 25 % du total.

Le programme vise par ailleurs à garantir à 90 % de la population l’accès à un établissement de santé en moins d’une heure. Sur le plan budgétaire, le parti prévoit de porter à plus de 50 % la part des dépenses de santé consacrée aux hôpitaux et aux établissements publics, tout en assurant une répartition plus équitable de l’offre de soins à travers le territoire national.

Pour renforcer les effectifs, le PPS prévoit le recrutement de 15 000 médecins et de 33 500 infirmiers, ainsi que la création de 9 000 lits hospitaliers supplémentaires. Ces mesures seraient accompagnées d’une amélioration des conditions matérielles des professionnels de santé et d’un renforcement de leur autonomie effective dans la gestion des établissements hospitaliers.

Dans l’éducation et la formation, le parti mise sur un renforcement significatif des moyens humains et des infrastructures. Il s’engage notamment à recruter 18 000 enseignants par an dans les cycles primaire et collégial et à équiper 30 000 salles de classe supplémentaires, avec une priorité accordée aux zones rurales et montagneuses.

La réduction de moitié du taux de décrochage scolaire figure également parmi les objectifs annoncés, aux côtés de l’accélération de la lutte contre l’analphabétisme. Le PPS entend en outre améliorer les conditions matérielles des enseignants et mettre en place un système d’incitation fondé sur la performance, dans le cadre d’un pacte social.

Le programme prévoit également une modernisation des curricula afin d’améliorer le positionnement du Maroc dans les évaluations internationales, notamment PISA, PIRLS et TIMSS. Le parti propose par ailleurs d’orienter 15 % des élèves de l’enseignement secondaire vers des filières de formation professionnelle qualifiantes et reconnues, tout en mettant en place une gouvernance territoriale du système de formation.

Dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, le PPS affiche une ambition plus large, avec l’objectif de faire figurer au moins une université publique marocaine dans le Top 500 mondial selon les classements de Shanghai ou QS.

Il propose également de porter les dépenses nationales consacrées à la recherche et développement à 1,5 % du PIB et de viser 1 000 brevets universitaires par an. Le parti prévoit enfin la mise en place d’un mécanisme de crédit d’impôt en faveur de la R&D pour les entreprises industrielles et technologiques, ainsi que la réservation de 5 % à 10 % des marchés publics aux start-up innovantes.

À travers cet ensemble d’engagements, le PPS défend ainsi une vision fondée sur le renforcement des services publics, l’investissement dans le capital humain et la réduction des inégalités sociales et territoriales, avec des objectifs chiffrés destinés à donner davantage de lisibilité et de portée à son projet pour la prochaine législature.

Abdelkader El Fatouaki

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