CNUCED : la croissance économique mondiale devrait ralentir à 2,6 % en 2026
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- 10 octobre 2026 - 08:00 --
- Maroc
La croissance économique mondiale devrait ralentir à 2,6% en 2026, contre 2,9% l’an dernier, tandis que les disparités entre régions en développement continuent de s’accentuer, selon le Rapport sur le commerce et le développement publié vendredi à Genève par la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
La croissance des économies en développement devrait s’établir à 4% cette année, contre 4,7% en 2025, alors que le commerce mondial des biens et services devrait progresser d’environ 4% en volume, précise le « Rapport sur le commerce et le développement 2026 : la géoéconomie du développement ».
Les échanges mondiaux ont atteint un niveau record de 35.000 milliards de dollars en 2025, mais la hausse de leur valeur en 2026 reflète principalement l’augmentation des prix dans un contexte de choc énergétique, constate le document. Les échanges commerciaux entre la Chine et les Etats-Unis ont reculé de plus de 20% depuis 2024, tandis que l’Asie de l’Est a renforcé ses relations commerciales avec ces deux pôles économiques.
La CNUCED relève que les contrôles à l’exportation, le filtrage des investissements et les conditions imposées aux chaînes d’approvisionnement compliquent l’accès des nouveaux acteurs aux secteurs stratégiques.
L’Asie devrait contribuer à 59% de la croissance mondiale en 2026, portée notamment par l’Inde, dont le PIB devrait progresser de 7,3%, l’Indonésie (+5,2%) et la Chine (+4,5%).
En revanche, le rattrapage des niveaux de revenus des pays avancés est interrompu depuis le milieu des années 2010 dans la majeure partie du monde en développement, à l’exception de certaines économies asiatiques.
D’après le rapport, les économies développées captent environ 70% de la valeur des projets d’investissements étrangers annoncés entre 2020 et 2025 dans des secteurs stratégiques à forte valeur ajoutée, particulièrement les semi-conducteurs, les technologies de transition énergétique et les infrastructures liées à l’intelligence artificielle.
Les économies en développement concentrent davantage leurs investissements dans les minerais critiques et les matériaux stratégiques. Malgré son rôle dans l’extraction mondiale de cobalt, l’Afrique conserve moins de 1% de la valeur des chaînes d’approvisionnement liées aux technologies vertes, souligne l’organisation.
En outre, le rapport met en garde contre les conséquences du choc énergétique, de la hausse des coûts d’emprunt et de l’instabilité des flux de capitaux. Le prix du pétrole Brent est passé de 70 à plus de 110 dollars le baril dans les semaines suivant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, alourdissant la facture énergétique des économies dépendantes des importations et des ménages les plus modestes.
Par ailleurs, l’aide publique au développement devrait diminuer de près de 7% en 2026, enregistrant sa troisième baisse annuelle consécutive. Face à ces difficultés, la Cnuced recommande aux pays en développement de diversifier leurs échanges commerciaux et leurs approvisionnements énergétiques, de renforcer leurs capacités industrielles et de coordonner leurs politiques industrielles, financières et technologiques.
Elle préconise également de mieux relier les investissements étrangers aux fournisseurs locaux afin d’accroître la valeur ajoutée nationale. Les accords régionaux peuvent contribuer à élargir les marchés, réduire les coûts commerciaux et renforcer les chaînes de valeur.
Le secrétaire général par intérim de la Cnuced, Pedro Manuel Moreno, a insisté sur le rôle croissant des économies émergentes du Sud dans l’intégration commerciale et financière régionale, tout en appelant à préserver un système commercial multilatéral fondé sur la non-discrimination et le traitement spécial et différencié des pays en développement.
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