Compensation : 19,4 milliards de DH prévus en 2027 pour soutenir les prix des produits de base
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- 26 octobre 2026 - 09:30 --
- Maroc
L’État prévoit de mobiliser 19,4 milliards de dirhams au titre de la compensation en 2027, afin de poursuivre les subventions du gaz butane, du sucre et de la farine nationale de blé tendre. Cette enveloppe figure dans le rapport sur la compensation accompagnant le Projet de loi de finances (PLF) 2027, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les fluctuations des marchés de l’énergie et des matières premières.
Ce dispositif vise à amortir les effets des variations des cours internationaux sur les prix intérieurs des produits essentiels. En complément, les pouvoirs publics ont relancé en 2026 l’aide exceptionnelle destinée aux professionnels du transport routier, confrontés à l’augmentation des prix du gasoil.
Le gaz butane absorbe l’essentiel des subventions
Le gaz butane demeure le principal poste de dépenses du système de compensation. Entre janvier et août 2026, la subvention moyenne accordée par l’État a atteint 61,79 dirhams pour une bonbonne de 12 kilogrammes, sur la base d’un prix international moyen de 611 dollars la tonne.
Le rapport fait ressortir une hausse de cette aide, passée d’environ 49 dirhams par bonbonne avant le début du conflit à près de 70 dirhams durant la période de tensions. Cette progression s’est traduite par un alourdissement de la facture publique.
À fin août 2026, les dépenses liées à la compensation du gaz butane pourraient avoisiner 9 milliards de dirhams, soit une augmentation de 4,95 % par rapport à la même période de l’année précédente. La reconduction de cette subvention en 2027 doit ainsi contribuer à préserver le soutien accordé aux ménages pour l’achat de ce combustible largement utilisé dans les foyers marocains.
Près de 3,5 milliards de DH pour le sucre et la farine
Le sucre raffiné et la farine nationale de blé tendre figurent également parmi les produits bénéficiant du mécanisme de compensation. Pour le sucre, l’aide forfaitaire à la consommation est fixée à 3,67 dirhams par kilogramme. Les dépenses correspondantes pourraient s’élever à près de 2,7 milliards de dirhams entre janvier et août 2026.
Pour la farine nationale de blé tendre, le coût de la compensation est estimé à environ 800 millions de dirhams sur la même période. Les deux produits représenteraient ainsi une charge cumulée proche de 3,5 milliards de dirhams à fin août.
Le dispositif couvre par ailleurs le soutien à l’approvisionnement de certaines provinces du Sud en produits alimentaires. À ce titre, les dépenses engagées durant les huit premiers mois de 2026 se sont établies à 64 millions de dirhams.
Importations de sucre et de blé : des restitutions liées aux prix mondiaux
Les variations des cours internationaux ont également eu des répercussions sur les mécanismes de restitution appliqués aux importations de sucre brut et de blé tendre.
Concernant le sucre brut, le repli des prix sur les marchés mondiaux a permis à l’État de bénéficier d’une restitution à l’importation. Son montant pourrait atteindre 700 millions de dirhams sur la période comprise entre janvier et août 2026.
Pour le blé tendre importé, la baisse des cours a contribué à maintenir le prix de revient à l’importation en dessous du prix cible de 270 dirhams le quintal. Par conséquent, aucune restitution à l’importation n’a été requise au cours des huit premiers mois de l’année.
Transport routier : une aide de 2,488 milliards de DH en neuf mois
En plus des subventions destinées aux produits de première nécessité, le gouvernement a remis en place en 2026 le dispositif d’aide exceptionnelle aux professionnels du transport routier. L’objectif est de compenser une partie de l’impact de la hausse du gasoil sur les coûts d’exploitation et de limiter les répercussions de cette augmentation sur les tarifs de transport et les prix à la consommation.
D’après le rapport accompagnant le PLF 2027, les montants mobilisés dans le cadre de cette mesure ont atteint 2,488 milliards de dirhams entre janvier et septembre 2026.
La programmation de 19,4 milliards de dirhams pour la compensation en 2027 traduit ainsi la poursuite de la politique de soutien aux produits de base. Cette orientation intervient alors que les incertitudes géopolitiques et les fluctuations des marchés internationaux continuent de peser sur les coûts de l’énergie et l’approvisionnement en matières premières.
N.B
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