OMC : le Maroc plaide pour une réforme davantage centrée sur les priorités africaines
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- 05 octobre 2026 - 19:00 --
- Maroc
Le Maroc a appelé lundi devant le Conseil général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, à poursuivre les efforts pour sortir les négociations commerciales de l’impasse et à placer les priorités des pays africains et la dimension développement au cœur du processus de réforme de l’Organisation.
Intervenant au titre du rapport de la Présidente du Comité des négociations commerciales et Directrice générale de l’OMC, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU et des autres Organisations internationales à Genève, Omar Zniber a estimé que les difficultés actuelles “ne devraient toutefois pas nous conduire à accepter l’impasse comme une situation durable”, plaidant pour la poursuite de la recherche de convergences avant la prochaine Conférence ministérielle, afin de parvenir à des résultats “concrets, équilibrés et significatifs”.
M. Zniber a souligné que les discussions en cours et la réforme de l’OMC devaient tenir pleinement compte des défis propres aux économies africaines, notamment leur insertion dans les chaînes de valeur et la promotion de leurs exportations.
“La dimension développement et les priorités de l’Afrique doivent être au cœur du processus de réforme”, a-t-il plaidé, en établissant un lien avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
A cet égard, le diplomate marocain a mis l’accent sur le commerce des services et, en particulier, sur la réduction des coûts des transferts de fonds effectués par les migrants, qu’il a qualifiés de “source essentielle de revenus pour des millions de ménages” dans de nombreuses économies en développement.
Il a relevé que ces coûts demeuraient élevés, avec une moyenne située entre 6 et 8%, et estimé que leur réduction permettrait qu’une part plus importante des sommes transférées soit “directement injectée dans l’économie réelle”.
Ces ressources supplémentaires pourraient, a-t-il poursuivi, soutenir la consommation, l’éducation, la santé, mais aussi l’investissement, l’activité productive et le commerce, ainsi que la création et le financement des PME et MPME, avec des effets attendus sur l’emploi et les opportunités économiques, notamment pour les jeunes et les femmes.
Le Maroc, le Groupe africain et d’autres membres de l’OMC portent ainsi une initiative visant à examiner “comment l’OMC, dans le cadre de son mandat sur le commerce des services et en complémentarité avec les autres organisations internationales compétentes, peut contribuer concrètement à réduire le coût des transferts transfrontaliers de fonds et à accroître leur contribution au commerce et au développement”, a indiqué M. Zniber.
Il a présenté cette démarche comme un exemple concret susceptible de “générer des sommes extrêmement importantes de financement concret” en faveur du développement et d’une meilleure insertion des pays en développement dans les flux commerciaux mondiaux.
Cette approche, a-t-il conclu, doit se faire “de manière équilibrée et dans une approche gagnant-gagnant”, en contribuant aux objectifs énoncés dans le Préambule de l’Accord de Marrakech, qui établit notamment un lien entre commerce et développement.
Au cours de sa session du 5 et 6 octobre, le Conseil général de l’OMC examine notamment le rapport de la Présidente du Comité des négociations commerciales et Directrice générale, le suivi des résultats des conférences ministérielles (CM), dont la CM14 tenue à Yaoundé en mars dernier, ainsi que la réforme de l’OMC.
À l’ordre du jour figurent également le programme de travail sur les petites économies, des questions liées aux arrangements provisoires concernant l’Accord sur le commerce électronique, ainsi qu’un dialogue sur les questions émergentes relatives au commerce des produits agricoles, une déclaration marquant le 20e anniversaire de l’initiative Aide pour le commerce et le dixième examen global de cette initiative, ainsi que les faits nouveaux concernant l’Accord sur la réglementation intérieure des services (Accord FID), entre autres.
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