La BAD alerte sur l’impact des règles climatiques sur l’industrialisation africaine
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- 26 mai 2026 - 11:00 --
- Maroc
La directrice du département Politiques macro-économiques, Prévisions et Recherche à la Banque africaine de développement (BAD), Hanan Morsy, a souligné, lundi à Brazzaville, la nécessité de préserver les perspectives d’industrialisation et de transformation économique de l’Afrique face aux nouvelles réglementations climatiques internationales, notamment le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne (UE).
S’exprimant lors d’une rencontre consacrée à la réforme de l’architecture financière, organisée en marge des Assemblées annuelles de la BAD, qui se tiennent jusqu’au 29 mai à Brazzaville, Mme Morsy a indiqué que la Banque a mené un travail analytique approfondi en réponse aux préoccupations exprimées par plusieurs ministres africains concernant les implications du mécanisme européen d’ajustement carbone dans le contexte africain.
Les politiques commerciales, financières, industrielles, énergétiques et climatiques convergent désormais vers une nouvelle architecture de compétitivité fondée non seulement sur l’avantage comparatif et l’efficacité des marchés, mais également sur l’intensité carbone, les normes réglementaires et les fragmentations géopolitiques, a-t-elle fait remarquer.
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières constitue l’une des manifestations les plus marquantes de cette évolution, a relevé Mme Morsy, estimant que la réglementation climatique devient progressivement une politique commerciale et industrielle, ainsi que de compétitivité.
Elle a averti que cette dynamique pourrait avoir des implications profondes pour l’Afrique, alors même que le continent ne représente qu’une faible part des émissions mondiales, notant que les conséquences potentielles concernent particulièrement les exportations africaines, les perspectives d’industrialisation à plus forte valeur ajoutée ainsi que l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
Par ailleurs, Mme Morsy a indiqué que l’étude réalisée par la BAD met également en évidence plusieurs options politiques permettant d’atténuer les effets de ces nouvelles mesures, citant notamment l’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), susceptible de renforcer la résilience des économies africaines grâce au développement de la demande régionale et des chaînes de valeur africaines.
Elle a également préconisé de concevoir des politiques climatiques et industrielles capables de préserver la compétitivité des économies africaines tout en soutenant leur transformation structurelle.
Initiées sous le thème “mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté”, les Assemblées Annuelles de la BAD devra rassembler quelque 3.000 participants, dont des Chefs d’Etat et de Gouvernement, des ministres des Finances et du Plan, des gouverneurs des Banques Centrales, des dirigeants du secteur privé, d’institutions financières internationales, des philanthropes, des acteurs de la société civile, ainsi que des universitaires.
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