Pétrole : l’ONU met en garde contre l’impact des perturbations du détroit d’Ormuz
Les perturbations du trafic énergétique dans le détroit d’Ormuz pourraient provoquer un choc pétrolier majeur pour les économies les plus vulnérables du monde, menaçant près d’un milliard de personnes et aggravant la pauvreté ainsi que les difficultés budgétaires de nombreux pays en développement, avertit ONU Commerce et Développement (CNUCED).
Dans un rapport publié mardi, l’organisation relève que 65 des 75 pays les plus vulnérables, principalement des pays les moins avancés (PMA) et des petits États insulaires en développement (PEID), sont importateurs nets de pétrole et fortement exposés à toute hausse durable des prix de l’énergie.
Depuis l’escalade militaire observée fin février 2026, les prix du pétrole brut ont bondi de plus de 40 % tandis que ceux de l’essence ont progressé de plus de 50 %, accentuant les risques pour les économies dépendantes des importations énergétiques.
La CNUCED estime qu’une augmentation de 50 % des prix du pétrole pourrait alourdir de 20,4 milliards de dollars par an la facture énergétique des pays vulnérables, dont 16,1 milliards pour les PMA et 4,3 milliards pour les PEID.
Plusieurs pays africains figurent parmi les plus exposés en proportion de leur produit intérieur brut, notamment la Mauritanie, la Gambie, le Burkina Faso, le Libéria, la Zambie et le Lesotho. Dans les États insulaires, le Vanuatu, les Maldives, les Tonga et Maurice apparaissent particulièrement vulnérables.
L’organisation souligne également que ces pays importent à près de 98 % des produits pétroliers raffinés, faute d’infrastructures de raffinage suffisantes, ce qui accroît leur sensibilité aux fluctuations des marchés internationaux.
Plus de 30 % des 983 millions d’habitants vivant dans ces économies survivent avec moins de 3 dollars par jour, rendant les conséquences sociales d’une hausse des coûts de l’énergie particulièrement préoccupantes.
Au-delà de l’augmentation des prix, certains États devront également trouver de nouveaux fournisseurs en raison de leur forte dépendance aux exportations provenant de la région du détroit d’Ormuz.
La CNUCED prévient que sans mesures de soutien et de stabilisation, la hausse des dépenses énergétiques risque de contraindre les gouvernements à arbitrer entre le paiement des importations de carburants et le financement des services publics essentiels, renforçant ainsi des vulnérabilités structurelles déjà importantes.
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